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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 06:53

ayahuasca-by-pablo-amaringo.jpgÀ l'âge de 21 ans, je commence des études, un doctorat en anthropologie, étant donné mon intérêt pour le tiers-monde et le développement. Au cours de l'été 1983, je fais un stage dans le Centre des droits de l'homme des peuples indigènes à Boston. C'était juste à l'époque où je cherchais un endroit dans le monde pour faire mes deux ans de recherche anthropologique sur le terrain. Le monde est grand, c'est une mappemonde, on a une fléchette... où vais-je ? En tout cas certainement pas dans la forêt tropicale, peut-être au Népal, en Suisse...

  

Mais je rencontre un anthropologue de ce centre qui me dit : "Tu t'intéresses à la question des droits des peuples indigènes ? Le développement, le territoire de ces peuples, l'injustice ? En Amazonie péruvienne, me dit-il, il y a les Ashanincas de la vallée du Pichis, un grand projet de développement de la Banque mondiale. Personne n'est là-bas, et ce serait bien que quelqu'un aille étudier cela!" J'étais âgé de 23 ans, et l'on me servait sur un plateau ce qu'au fond je n'avais vraiment pas envie de faire... Mais vu que c'est le rite de passage de l'anthropologue, j'y suis allé par défi : "il faut faire ce que tu n'as pas envie de faire !", me suis-je dit. C'est ainsi donc que je me suis retrouvé au Pérou. Le but de mon étude était de démontrer que ces Indiens savaient utiliser leurs ressources rationnellement -contrairement à ce que disait la Banque mondiale.

(…)

 

Les mois passent et un soir, nous sommes de nouveau sur le sujet des plantes et je leur pose la question : "Comment savez-vous tout ça, les gars ?" Un homme me dit : "Frère Jeremy, pour le savoir tu dois boire de l'ayahuasca. Si tu veux, je te montre". Deux semaines plus tard, il débarque : "tu ne dois pas manger de sel, de gras, de sucre, ni d'alcool...". Je ne le prenais pas au sérieux et je n'ai pas suivi ses instructions.

 ayahuasca.jpg

Il arrive avec son ayahuasca, je bois une dose que j'ai tout de suite régurgitée. J'étais assis et tout à coup, les cheveux dressés sur la tête, d'énormes serpents fluorescents de quinze mètres de long et d'un mètre de haut, me fendent le front ! Ils m'ont communiqué que le point de vue rationnel de la réalité est une illusion : "Tu n'es qu'un être humain". Vingt-quatre ans sur la planète Terre, occidental, blanc, "supérieur", avec la connaissance des molécules et de la réalité, comprenant comment les choses fonctionnent... et soudain je me rends compte que cette compréhension de la réalité n'est elle-même qu'une petite illusion. J'ai quitté mon corps et j'ai volé au-dessus de la planète; j'ai vu les nervures d'une feuille et les nervures de la main : c'était la même chose.

 

Cela allait tellement vite, des images d'une cohérence, d'une beauté, d'une vitesse inimaginable et indescriptible, une inondation d'informations... C'était comme entrer dans une machine à laver épistémologique pendant trois heures. Comment même en parler ? Prononcer des phrases comme je viens de le faire ? Dans le monde dans lequel nous habitons, cela s'effondre d'absurdité ! "J'ai vu des serpents fluorescents de quinze mètres de long qui m'ont expliqué que je n'étais qu'un être humain, mais sinon ça va !" (Rires).

 

Cette expérience m'a montré que ce que les Indiens racontent correspond à quelque chose, mais à quoi ? Mystère. De plus, cela contredit la démarche intellectuelle que je poursuis, à savoir démontrer que ces gens utilisent leurs ressources rationnellement. Si je raconte qu'ils disent que leur savoir tire sa source dans l'hallucinatoire, ça ne va pas.

J'ai donc écarté ces données gênantes.

 ayahuasca9.jpg

Et j'ai vécu une année et demie de plus avec eux. Tout ce que j'ai vu, c'était des gens qui ne sont pas des menteurs, qui lorsqu'on leur demande : "Comment fais-tu telle chose ?", au lieu de te dire : "Tu fais comme ça !", ils te montrent. C'est ce qu'ils avaient fait avec l'Ayahuasca. Leurs explications en apparence abracadabrantes se retrouvaient vérifiées dans la réalité empirique. Par exemple, j'avais mal au dos, et ils m'ont dit : "Nous avons un breuvage, tu le bois à la demi-lune, cela transforme pendant 48 heures ton corps en caoutchouc et ensuite tu n'as plus mal au dos !". J'avais essayé de guérir mon mal à l'occidentale, ça n'avait pas marché. J'ai bu une demi-tasse de thé à la demi-lune qui m'a transformé en caoutchouc pendant 48 heures, et je n'ai plus eu mal au dos ! Ce qu'ils disaient était vérifié dans la pratique, mais inexplicable, en tous cas par ma logique.

(…)

Après avoir tourné le dos pendant sept ans à cette énigme : "D'où vient ce savoir ?", je me suis dit qu'il y avait là quelque chose, une chose dont on n'arrivait même pas à parler. Or croire que ce que l'on voit en état hallucinatoire est vrai, est la définition même de la psychose. Ergo, aucune information vérifiable ne peut venir de l'hallucinatoire. On fait demi-tour, n'en parlons plus ! Et c'est pour cela que personne n'en parlait, et moi j'ai fait de même, je n'étais pas au-dessus du lot, j'étais le premier coupable. Comme tous les autres j'avais occulté la chose.

 

Cela me paraissait logique que, pour faire avancer la science, comme Kuhn l'a montré avec les structures des révolutions scientifiques, c'est là où il y a le paradoxe que l'on doit gratter; là où il y a des barbelés que les panneaux indiquent "Interdit d'aller plus loin"; là où tout le monde fait demi-tour, c'est là qu'il faut aller.

 

Alors, je me suis lancé dans une enquête personnelle. Et c'est au moment où tout s'était mis en place dans ma tête, que mon patron était d'accord pour me payer un salaire pour que j'écrive un livre sur ce sujet, bref que toutes les circonstances étaient réunies, c'est juste à ce moment-là que je ne pouvais plus quitter la Suisse : j'avais deux fils, l'un âgé de deux ans et l'autre de deux mois. Impossible de partir longtemps en Amazonie péruvienne pour faire une recherche sérieuse et participative sur le chamanisme hallucinatoire.

 

Après avoir tourné autour du pot pendant neuf mois, j'en étais venu à la conviction qu'il y avait de l'information qui provenait de la sphère hallucinatoire. Prenons des exemples, le curare ou la constitution chimique de l'ayahuasca, qui sont des combinaisons de plantes. Dans la forêt amazonienne, il y a 80 000 plantes supérieures... Il y a une chance sur six milliards de combiner des plantes qui sont inactives séparément pour en faire quelque chose d'actif ensemble. Et les Indiens ne prétendent pas que ce sont leurs ancêtres qui auraient expérimenté au hasard les plantes. Ils disent : "Nos ancêtres ont pris des substances hallucinogènes, et dans leur vision, les recettes leur ont été données."

 

Cette hypothèse devenait pour moi possible, même si elle contredisait les principes de base de l'épistémologie occidentale. Il y a de l'information qui provient de cette sphère. Est-ce que les hallucinations viennent de l'intérieur, de notre cerveau, comme la science le dit, ou bien l'information vient-elle du monde extérieur, des plantes, comme les chamans le disent ?

 

Encore une fois, pendant plusieurs mois je travaillais à une énigme réduite à une question : "L'information vient-elle de dedans ou de dehors ?" C'est donc vraiment le réductionnisme au travail, la dichotomie typique de l'occidental entre le dedans et le dehors. Je me promenais dans la forêt, mettant ma tête contre les arbres pour voir s'ils communiquaient...

"Est-ce que ça vient de dedans ou de dehors ?"

 

Le jour vint où j'eus fini de lire, et je débutai l'écriture de mon livre dont le simple but était de baliser l'énigme. Je me dis alors : "C'est le premier jour du printemps, j'ai passé l'hiver à la lecture, je vais aller me promener !" Et c'est ce jour-là qu'en me promenant je me rendis compte d'une chose : "Peut-être que l'information vient et du dedans et du dehors, et qu'en fait je me pose mal la question !" J'ignorais ce que cela signifiait et de toute façon, aucune autre explication donnée jusqu'à présent ne me paraissait valable. Les images que j'avais vues, je ne les avais pas vues auparavant, ni stockées, ni même imaginées dans mes pires cauchemars, et ces images affolantes n'étaient pas issues du dépotoir chaotique de ma mémoire... Vu que les théories proposées par la science elle-même étaient improbables, les idées les plus folles semblaient possibles.

ayahuasca7.jpg 

Le lendemain, j'ai lu par hasard et pour le plaisir un livre de Michael Harner. Rares sont les anthropologues qui ont pris de l'ayahuasca et raconté leur expérience, pour des raisons évidentes. Le premier à l'avoir fait, c'était lui. Dans ce livre, qui a d'ailleurs servi à le disqualifier de l'anthropologie officielle, il raconte son expérience sur dix pages. En 1961, chez les Shipibos-Conibos en Amazonie péruvienne, il étudiait depuis une année leur religion sans rien y comprendre. L'un d'entre eux lui dit que s'il voulait comprendre, il devait boire de l'ayahuasca. Il accepta et but un tiers de bouteille, ce qui est une "dose régulière", comme le disent les Ashanincas.

 

Dans ses visions, il remonta jusqu'au début de la vie sur Terre, il vit des petits grains tomber du ciel, ressemblant à des créatures reptiliennes géantes, puis il vit que ces créatures étaient à l'intérieur de son cerveau. Tout cela était comme un film projeté devant ses yeux, où on lui expliquait que ces créatures avaient créé la magnificence de la création sur la Terre, et se cachaient à l'intérieur de chaque forme de vie. Il vit des centaines de millions d'années d'évolution à une vitesse ahurissante.

À ce passage, il a mis une note : "On pourrait dire que ces créatures reptiliennes étaient comme l'ADN. Sauf qu'à cette époque en 1961, j'ignorais tout de l'ADN". À ce moment-là, j'ai cessé de lire; c'était ce que je cherchais ! C'est vrai, l'ADN est une source d'information qui est à la fois à l'intérieur du cerveau et à l'extérieur. Se pourrait-il qu'il y ait une connexion entre les serpents et l'ADN ? Les Ashanincas disent toujours : "Si tu veux comprendre le langage de la nature, fais attention aux similarités au niveau de la forme; c'est ainsi que la nature parle". (…)

 

Avant de rédiger je voulais vérifier une dernière piste : celle des jumeaux. Dans l'ouvrage de Chaumeil, une note dit qu'on retrouve un peu partout le mythe des jumeaux. Je vais à la bibliothèque étudier la mythologie, qui n'était pas mon fort jusque-là. Et je commence à voir qu'il y avait des jumeaux dans tous les mythes de la création, non seulement en Amérique du Sud, mais sur toute la planète, la planète animiste, chamanique et même dans le mythe de création judéo-chrétien.

 

Le dernier livre de Levi-Strauss parle de l'histoire de Queltzalcoalt -- coalt signifie serpent et jumeau -- fils de serpent cosmique. Plusieurs peuples buvant de l'ayahuasca et habitant à des milliers de kilomètres les uns des autres racontent la même histoire. Un anthropologue américain rapporte que c'est la même chose chez les Shipibos-Conibos, les Yaguas, les Desanas d'Amazonie colombienne, et les Aztèques aussi... Mais qu'est-ce que cela signifie ? Je suis allé me promener dans la forêt avec mon magnétophone, et je me suis répété ce que je pensais et ce que cela signifiait. Je me suis trouvé bloqué. "Regarde la forme..." disent les ayahuasqueros.

 

Le matin à la bibliothèque, je regarde la forme de l'ADN, deux vignes entrelacées, deux serpents enroulés, et surtout une échelle torsadée. Parle-t-on d'échelle du côté du chamanisme ? Le symbole de la profession selon Alfred Métraux : a-t-on besoin des serpents cosmiques chez Mircea Eliade ? Sauf que les serpents ne sont pas uniquement présents chez les Aztèques ou en Amazonie; ils sont en Australie, et ils ont des cristaux de quartz comme ceux dont on parle en Amazonie colombienne !

Voyons s'il y a des serpents dans la mythologie... Je prends le livre de Joseph Campbell... mais existe-t-il un mythe du monde où les serpents soient absents ? Des serpents cosmiques chez les Égyptiens, dans le Pacifique, chez les Esquimaux, qui n'ont d'ailleurs pas de serpents ! Tout cela commençait à devenir fort. Je me disais : "Ce serait quelque chose si personne n'avait vu cette connexion : dans l'état de transe, la conscience serait d'une certaine manière réduite à un état moléculaire où l'on apercevrait l'ADN".

 

Le moyen de le vérifier serait de prendre de l'ayahuasca, me disais-je le soir où tout cela s'est passé. (…)

 

Autre exemple, les chamans disent : "Ces visions que nous voyons, c'est de la lumière, et elles parlent un langage formé d'images tridimensionnelles sonores, et la manière de communiquer avec ces hallucinations, c'est par le son".

Un chaman auquel j'avais demandé comment sont les esprits, m'avait répondu :

- Ils sont comme des ondes radio.

- Comment ça des ondes radio ?, avais-je ajouté.

- Oui l'ayahuasca, c'est comme la radio, cela permet d'allumer la radio et ces ondes radio que l'on capte tournent autour de nous."

 

J'ai demandé à un ami journaliste scientifique si l'ADN émettait des sons, et il m'a répondu que l'ADN émettait des ondes analogues aux ondes radio, sous formes de photons. Dans la plupart des livres de biologie moléculaire, on ne parle pas de cette émission de photons. En fait, il y a des universitaires allemands qui mesurent ce phénomène dans leurs laboratoires depuis une quinzaine d'années. Et que disent-ils sur ces photons ? Que c'est exactement la longueur d'onde de la lumière visible, que c'est comme un laser ultra-faible. L'intensité de cette lumière est équivalente à celle qu'on recevrait d'une bougie à une dizaine de kilomètres, mais sa cohérence, c'est-à-dire la régularité avec laquelle les photons sont relâchés, est celle d'un laser.

 

Je savais que là, il y avait anguille sous roche. J'ai demandé à nouveau à cet ami ce qu'était concrètement un laser. Il m'a répondu : "C'est une lumière tridimensionnelle et fluorescente". Or, c'est exactement ce que voient tous ceux qui prennent de l'ayahuasca. Ils parlent de couleurs multipliées par dix, et tridimensionnelles. Cela ne prouve pas grand chose, mais en tous cas, cela m'a fourni une piste sur laquelle je n'ai pas hésité à élaborer une hypothèse.

(…)

 

Bref, si l'hypothèse est exacte, ces Indiens disposent dans leur chamanisme d'une source de savoir biomoléculaire insoupçonné, et l'ADN n'est pas un acide désoxyribonucléique inerte; ce n'est pas un simple produit chimique, c'est animé ! Le principe qui nous anime est lui-même animé, et il y a là une conscience qui se cache en dedans. Justement, les Ashanincas appellent ces êtres Maninkari "ceux qui se cachent". On peut dire non seulement que l'ADN est vivant, mais que nous pouvons communiquer avec lui. Pour tous ceux qui aimeraient savoir à quoi servent les 97 % d'ADN que l'on appelle camelote (dont la science actuelle ignore l'utilité), voilà une bonne question à poser... à l'ADN, par exemple. Le nombre de questions en rapport direct avec la biologie moléculaire et qui restent à éclaircir est énorme. Cela fait seulement quarante ans que la science regarde ce principe vital qui nous anime.

 

Et cela fait des milliers d'années que ces peuples connaissent cela. Il y aurait donc peut-être quelque chose à apprendre. Parce que c'est ainsi qu'il faut parler aux Occidentaux. Lorsque l'on dit : "Il faut sauver la forêt tropicale pour le droit des peuples indigènes", tout le monde dit : "Tu rêves mon vieux, on n'arrête pas le progrès !" Mais si tu leur dis : "C'est pour nous-mêmes qu'il faut sauver la foret, parce que c'est le poumon de la planète !", on te répond : "Ah oui ? À qui envoie-t-on l'argent ?"

 

Il y a des choses à prendre en se taisant, en les écoutant, en dialoguant avec les Indiens. On me dit : "Votre hypothèse est invérifiable pour l'instant". Mais non, il y a un test tout à fait empirique consistant à engager un véritable dialogue dans des conditions acceptables pour tous, entre des biologistes moléculaires pointus et ouverts d'esprit, et des Ayahuasqueros, et à voir s'il n'en sort pas de l'information vérifiable, qui ne serait pas connue actuellement...

 

NarbyJeremy Narby

Docteur en anthropologie de l'Université de Stanford .

Le serpent cosmique, aux Éditions Georg, Genève, 1995

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Publié par Jean-Pascal - dans Sagesse indienne
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Magnétisme 26/05/2014 13:58

La Grande Mère endormie est réveillée, le Règne de la Grande Mère qui est DIEU est venue. Le règne d'Abraham ou Zeus qui aujourd'hui porte le prénom Daniel est terminé.

DIEU est un tétagramme symbolisant les 4 éléments (Terre -Eau - Air -Feu) ( Hydrogène- Oxygène - Carbone - Azote) formant les 4 lettres de l'ADN émanant de la Grande Mère DIEU que Je Suis.

Hosanna au Règne de Simone la Grande Mère, Eve primordiale, Marie N°1

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  • Jean-Pascal
  • Psychologie et spiritualité orientale, Bouddhisme tibétain, Reiki, Hypnose, Chamanisme, Chi Gong, Rêves chamaniques, Relaxation et méditation m'ont amené et guidé sur le Chemin des travailleurs de la Lumière. Simple passeur, je  propose de partager mes découvertes en accord avec mes vœux spirituels.
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"Il devient indispensable que l'humanité formule un nouveau mode de pensée si elle veut survivre et atteindre un plan plus élevé"

Albert Einstein

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